Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Yasmina Khadra candidat ! À qui profite l’imposture ? (source LeMatin DZ)

Publié par The Algerian Speaker sur 6 Novembre 2013, 15:12pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

yasmina-khadraUne nouvelle version de réconciliation nationale est-elle à l’œuvre ? A entendre Yasmina Khadra, le pouvoir semble vouloir nous embarquer dans un roman à rebondissements et de revenir en 1999, avec les mêmes problèmes, les mêmes solutions pour les mêmes statuts au profit des uns et au détriment des autres.

Il aurait déclaré au forum du quotidien Liberté ce samedi 02 novembre, dont il était l'invité, qu'il sera candidat à l'élection présidentielle de 2014. Convaincu de "sa popularité" auprès des Algériens, dont il estime devoir à "son audience pour son talent de romancier", il compte toutefois pouvoir la transformer en voix le moment du vote. Tout en précisant que son programme est prêt. Un programme, qui selon ses dires, devrait s’appuyer sur la promesse de vendre de "l’espoir et du rêve pour les jeunes algériens" avec comme objectif : "leur apprendre à s’aimer".

Ne dit-on pas que le borgne au pays des aveugles est Roi ! Et Yasmina Khadra en est un, car il ne voit les problèmes des jeunes Algériens que d’un seul œil : la culpabilité. Celle de ne pas savoir s’aimer. Alors naïvement ou en tant que missionnaire chargé de la promotion d’une propagande populiste, il se porte donc candidat à la présidentielle avec la prétention de réconcilier le peuple avec ses bourreaux. Leurs apprendre à s’aimer. Aimer-vous les uns les autres, semble-t-il nous dire. Traduire : à nous le pétrole et on vous laisse rêver. Une nouvelle version de réconciliation nationale en quelque sorte. A l’entendre, il nous propose donc de remonter le temps, comme dans un roman à rebondissements et de revenir en 1999, avec les mêmes problèmes, les mêmes solutions pour les mêmes statuts au profit des uns et au détriment des autres. Une imposture qui vient prolonger et consolider celle qui vient de s’épuiser après plus d’une décennie de saignement des deniers publics et de l’anéantissement de toute potentialité de développement de la société. 

Seulement, les Algériens ne sont pas les aveugles qu’il prétend qu’ils soient, pour venir déployer avec arrogance son imposture de futur nouveau Roi. Ils sont plus que conscients de l’origine de leurs frustrations et de leurs désirs castrés. Ils sont confrontés au quotidien à la répression du système qui l’emploi, à chaque fois qu’ils ont essayé de s’organiser pour faire de la politique. Et s’ils n’aiment pas ce pouvoir, justement, c’est à cause de sa confiscation de leur liberté politique. Pour cela, le seul rêve que le Samaritain Yasmina Khadra peut vendre aux Algériens, pour ne pas passer pour ce grossier imposteur de borgne, c’est de s’engager à leur côté pour contribuer à les aider à recouvrir leur liberté politique. Car la liberté politique est le fondement sur lequel se bâti toute transition d’un régime despotique vers celui démocratique. Pour le reste, y compris les rêves et l’amour, dont l’économie, la justice, l’école et toutes les autres institutions qui fondent un état de droit, il appartient aux enfants du peuple de les reconstruire, et ce ne sont pas les compétences qui lui manquent.

Mais en a-t-il réellement les moyens de s’engager sur cette voie ? Tout en sachant que son autre œil n’obéit qu’à ses employeurs. Ces bourreaux des Algériens, qui ne veulent à aucun prix céder aux privilèges que leur procure leur hégémonie dans la gestion de la rente. D’abord ex-officier dans les structures du système de pouvoir, qui est responsable de tous les maux de ces jeunes, il continu d’en faire partie intégrante, avec le privilège d’être affecté au contrôle du Centre culturel algérien (CCA) à Paris. Une mission des plus douteuse, car elle consiste à empêcher que ce centre ne puisse servir de tremplin aux expatriés Algériens, à pouvoir s’organiser et de débattre de leurs problèmes avec ce système de pouvoir qui prend en otage leur pays et les pousse à l’exile. J’ai moi-même fait les frais de cette censure. C’était à l’occasion du passage du candidat Ahmed Benbitour à Paris à la fin juin de cette année, en lui demandant de mettre à notre disposition la salle de conférence pour organiser un débat entre lui et la communauté algérienne établie en France. Pas seulement il a répondu sèchement par la négative, mais il n’a démontré aucune sensibilité devant le « rêve » d’un Algérien de réunir sa communauté pour débattre des problèmes politiques dans lesquelles son pays est empêtré. Pire ! Il n’a même pas eu la moindre courtoisie élémentaire, ni le courage de m’affronter directement. Il s’est contenté de se dissimuler derrière sa secrétaire, en la chargeant de me communiquer sa réponse, dans laquelle il justifie son refus par le fait qu’il « n’accepte pas que le CCA soit un lieu de débat politique. » Même si l’on peut comprendre que sa réponse lui fut dictée explicitement par ses employeurs. Ou alors ! Était-il déjà conditionné par ses employeurs, qui prévoyaient de lui faire jouer un rôle dans leur stratégie de reconduction du statu quo ? A ce moment-là, prévoyait-il déjà de confisquer ce lieu public, payé par l’argent du peuple, pour le transformer en QG exclusif de sa future campagne électorale. 

On est amené à se demander, si le système ne cherche-t-il pas à démultiplier ses lièvres pour les besoins du coup de force électoral auquel il se prépare ? Car l’annonce de deux candidatures le même jour, avec celle de Sofiane Djilali, auxquelles il faut certainement s’attendre à ce que Benflis et Hamrouche les rejoignent dans les jours à venir, ne peut que traduire l’actionnement de son feu vert pour cet objectif. Ou alors a-t-il pris la décision de remplacer définitivement son ex Roi de paille impotent, pour lui trouver un imposteur idéal pour assumer le rôle de successeur dans la posture d’un nouveau marchand de rêves.

Un écrivain est d’abord un homme qui appartient à son temps et le temps littéraire dans lequel s’inscrit Yasmina Khadra est le passé colonial, excepté quelques fresques fantasmagoriques sur le vécu contemporain des Algériens, sans aucune correspondance sérieuse avec leur réalité, pendant que l’Algérie vit une crise de souveraineté populaire, presque au même titre que celle qu’elle vivait à l’époque coloniale. A cette époque-là, la littérature algérienne était assumée par des écrivains qui se sont inscrits volontairement dans les besoins de leur époque. Pour ne citer que Kateb Yacine, son roman Nedjma popularisa, en la légitimant, la révolution algérienne à toute l’humanité. A ce titre, pour prétendre apporter du rêve et de l’espoir aux Algériens, n’aurait-il pas été plus pertinent pour un écrivain avec de telles prétentions de s’engager à distiller à travers sa littérature des analyses et des clefs à l’adresse de ses lecteurs, pour les aider à se prendre en charge, pour s’organiser afin de se structurer en opposition à ce même système de pouvoir qui les prive d’espoir et de rêves. Au lieu de continuer à s’identifier dans la peau de l’officier dépositaire de l’autorité qui se réclame de la légitimité révolutionnaire, pour leur confisquer les rêves pour lesquels leur parents se sont sacrifiés dans l’abnégation et le martyr.

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